Signé Furax, de Pierre Dac et Francis Blanche

Aërwen Telrunya

Signé Furax, est une série radiophonique des années 50. Pourquoi alors, avoir écrit ce billet dans la rubrique Lectures ? Parce que Signé Furax s’écoute comme un roman, ou plutôt se dévore comme un cycle, puisque chacun de ses trois volumes remplit une quinzaine de CDs et autant d’heures d’écoute. Tout commence le 15 octobre 1951, lorsque Pierre Dac et Francis Blanche lance sur Radio Programme une série d’épisodes radiophoniques ayant pour titre Malheur aux barbus, opposant le bandit Edmond Furax aux deux detectives Black et White. Malgré le succès de la série, l’humour quelque peu irréverencieux de la série vaut à ses deux auteurs d’être ejectés de leur radio d’origine. Ce n’est que quelques années plus tard, sur la jeune station Europe 1, que naîtra &#171 Signé Furax &#187, une nouvelle série centrée sur le populaire personnage de Furax, réédité récemment sous la forme de trois volumes (équivalent à autant de « saisons » de la série) de quinze CDs chacun. Chef-d’oeuvre hétéroclite et absurde, la série connait à l’époque de sa diffusion un succès phénoménal. Signé Furax entrera même dans l’histoire le jour où, après avoir annoncé la démission de son gouvernement, Guy Mollet se retire sur cette dernière déclaration : &#171 Veuillez maintenant me pardonner messieurs, mais ça va être l’heure de Signé Furax. &#187 .

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Des fauves et des hommes

Un lion sympa

Comme tout le parle aujourd’hui du CIO qui doit décider dans quelques heures si Paris accueillera ou non les jeux olympiques de 2012 et que je suis sûr que, comme moi, vous en avez déjà par dessus la tête, j’ai décidé de parler de tout à fait autre chose : les fauves, qui mine de rien ont discrètement occupé l’actualité de ces derniers jours. Ca commence par une jolie histoire, celle d’une jeune ethiopienne de 12 ans, kidnappée par quelques malotrus dont l’intention était de la marier de force. Une pratique courante, semble-t-il, lors de laquelle les jeunes filles sont battues et violées jusqu’à ce qu’elles consentent au mariage. Heureusement cette fois-ci, les ravisseurs ont été interrompus et même mis en fuite par une bande de lions qui ont ensuite veillé sur la fillette jusqu’à l’arrivée de la police – dont la dépêche ne dit pas si elle a aussi été alertée par les lions. Pourquoi les carnivores se seraient-ils privés d’une proie aussi facile ? « Une petite fille qui gémit peut être confondue avec le miaulement d’un lionceau, ce qui pourrait ensuite expliquer que les lions ne l’aient pas dévorée », nous explique Stuart Williams, expert en faune sauvage. « Sinon, c’est probablement ce qu’ils auraient fait. »

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Mozbot, un moteur qui vous veut du bien

Le blob mozbot

Diantre, que voilà ? Un dessin préliminaire pour les méchants extra-terrestres de La guerre des mondes ? Point du tout, il s’agit du Blob, le gentil logo du nouveau moteur de recherche Mozbot. Lancé mercredi dernier dans un milieu où la concurence ne manque pas vraiment, il a tout de même l’originalité d’être uniquement français (à la différence de Yahoo!, MSN ou Google qui ne sont que des déclinaisons de moteurs américains) et totalement indépendant (à la différence de Voila, qui appartient à Wanadoo-France Télécom), puisqu’il est le fruit de la collaboration de trois sociétés françaises. En fait, mozbot n’est pas à proprement parler un moteur de recherche puisqu’il se contente de récupérer les résultats de Google et de les interpréter. La même recherche sur les deux sites donnera donc toujours les mêmes résultats. Mais là où Mozbot se démarque, c’est dans l’interpretation et la foule de petits outils qui accompagnent les résultats.

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« Un cornichon de la taille de Washington »

La comète Tempel et la sonde Deep Impact (Dessin Nasa)

C’est ainsi que décrit un responsable de la Nasa la comète Tempel 1, objet de toutes les attentions ces derniers jours et objectif de la mission « Deep Impact » : balancer une « machine à laver » (ou du moins un sonde en ayant la taille) sur la comète en question. Pari réussi tôt ce matin, et bien mieux, souvenez-vous, que le deploiement de la voile solaire Cosmos 1 dont on a parlé surtout pour son échec retentissant. Cette fois, avec la Nasa derrière, et sans missile sovietique retapé pour servir de lanceur, c’est un succès : la sonde Impactor a heurté la comète ce matin à 7h52 (heure de Paris).

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L’étrange mariage de Monsieur Tim

Une image des Noces Funèbres de Tim Burton (Corpse Bride)

C’est en cherchant une info sur Jackie Chan que je suis tombé (allez savoir comment) là-dessus : un nouveau film d’animation par Tim Burton ! Contrairement à ce que laisse supposer le titre français du film « Les noces funèbres de Tim Burton » (sic), il n’est pas question ici de son mariage avec Helena Bonham Carter, mais des aventures de Victor, un jeune homme qui après avoir épousé par erreur une mariée décédée, se retrouve projeté dans le Royaume des Morts, lequel se révèle être beaucoup plus joyeux et coloré que celui des vivants. Bref, du Burton comme on l’aime. Alors oui, c’est vrai, le héros ressemble beaucoup à Vincent et un peu à Johnny Depp, que le scénar ressemble beaucoup à celui de Beetlejuice, que l’esthétique ressemble beaucoup à celle de L’étrange Noël de Monsieur Jack (notez le petit chien squelette à la fin de la bande-annonce), bref que tout cela fait très déjà vu… mais au moins, ça ressemble à du Tim Burton, et c’est tout ce qu’on demande. Gageons qu’après avoir touché le fond avec La planète des singes et amorcé la remontée avec Big Fish – accordons le bénéfice du doute à Charlie et la chocolaterie avant de l’avoir vu – Tim Burton’s Corpse Bride (c’est déjà mieux en VO) a tout pour être la bonne surprise qu’on attend depuis des années ! Réponse en décembre.

A voir : La bande annonce (format Quicktime) et le site officiel

L’énigmatique souris du Laos

Le kha-nyou

« J’ai su immédiatement qu’il s’agissait de quelque chose que je n’avais jamais vu avant« . Une phrase qui pourrait être tirée d’un film de science-fiction, voire d’un film d’horreur de série B, mais non : c’est au Dr Robert Timmins de la très respectable Wildlife Conservation Society, société new-yorkaise de protection de la nature que nous la devons. Et c’est au sujet du kha-nyou, cet étrange rongeur qui ne ressemble effectivement à pas grand-chose, « à mi-chemin entre le rat, l’écureuil, le cobaye et le chinchilla« . Si pour les scientifiques occidentaux, il s’agit d’un mammifère inconnu et donc d’une découverte scientifique comme on n’en fait pas tous les jours, le Laonastes aenigmamus est pourtant bien connu des populations du Laos pour qui il est avant tout un mets succulent que l’on rôtit à la broche. Pour Timmins, il s’agirait en fait même d’une famille d’espèces totalement nouvelle, ce que les glirologistes (expert en rongeurs : j’ai appris un nouveau mot) contestent pourtant. N’ayant aucune connaissance en la matière, je ne me permettrais pas d’intervenir dans le débat. C’est juste que le nom latin de la bestiole, qui peut se traduire par « l’enigmatique souris du Laos« , m’amusait. Je sais pas vous, mais moi j’adorerais que des extra-terrestres, visitant notre monde des millions d’années après la disparition de l’humanité, trouve mon squelette fossilisé et baptise la race humaine : l’énigmatique humanoïde de la planète Terre.

Source : Le Monde

Illustration : D.R./WILDLIFE CONSERVATION SOCIETY (WCS)