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Imaginales 2006

Votre serviteur se trouve actuellement aux Imaginales, le festival des mondes imaginaires d’Epinal pour trois jours. En attendant un compte rendu complet avec photos d’ici mon retour à Paris, retrouvez le blog d’Actu SF qui couvre l’évènement et auquel je participe. A très bientôt, donc !

Snow Crash, de Neal Stephenson

Snow Crash - Le Samourai Virtuel

Il est des livres qui ont à souffrir de leur traduction dans la langue de Molière. Citons notamment Le guide du voyageur galactique de Douglas Adams qui, outre l'histoire ses différents titres français qui constitue une saga à elle toute seule [1], eut à souffrir de la traduction de Jean Bonnefoy (par ailleurs grand traducteur de SF devant l'éternel) qui dans l'impossibilité de traduire certains jeux de mots (ce qui est bien compréhensible) crut bon de rajouter quelques bons mots de son cru assez douteux. De la même façon, on attend pour la fin de l'année chez Lunes d'Encres (Denoël) une nouvelle traduction du mythique Fondation d'Asimov, Gilles Dumay ayant pris conscience de la disparition d'environ 20% du texte original dans la traduction française.
Pour le roman de Neal Stephenson, c'est le titre qui a morflé. Comment Snow Crash a-t-il pu devenir Le Samouraï virtuel ? On y trouve bien un type qui manie des sabres japonais, mais sans qu'il soit jamais question des anciens guerriers traditionnels du Pays du Soleil Levant. On y parle bien de quelque chose qui pourrait s'approcher de la réalité virtuelle, mais l'auteur explique lui-même dans la postface qu'il a volontairement évité ce terme pour en choisir un autre plus proche de sa conception de la chose. On ne peut donc que se sentir navré devant une politique éditoriale aussi éloignée du véritable intérêt du livre. C'est à se demander comment ce livre pourrait bien atteindre le public susceptible de s'y intéresser. Heureusement que mon blog est là pour ça !

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Ecoloville, de Jean-Yves Duhoo

Ecoloville

Une fois n'est pas coutume, je ne vais pas aujourd'hui raconter ma vie dans l'habituelle petite présentation du livre introduisant la critique. Je laisserai la parole à l'auteur d'Ecoloville qui nous explique, dans un petit avertissement au lecteur: « Ecoloville est un reportage d'anticipation, non un roman de science-fiction. Les innovations technologiques et écologiques existent (presque) toutes à l'état de projet ou à l'échelle locale ». Tout est dit !

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Watchmen, par Alan Moore

Watchmen

Edit mars 2009 : Voir mon avis sur le film Watchmen

Je ne saurais dire où j'ai entendu parler pour la première fois de ce comics de l'auteur anglais Alan Moore, mais c'était il y a un bon moment. Certainement sur l'un de ces forums consacrés à la S.F. où l'on chuchotait son nom comme celui d'un chef-d'oeuvre, une référence, un livre sacré, avec un rien de crainte respectueuse dans la voix. Assez fréquemment pour m'intriguer, moi qui ne connaissais ni ne m'intéressais particulièrement à ce genre particulier de bande dessinée qu'est le comics. A la Fnac, j'ai jeté un coup d'oeil au phénomène, mais le graphisme un peu vieillot m'a rebuté. Et puis, lorsque j'ai demandé à un collègue fan de BD s'il avait entendu parler de Watchmen, si c'était bien, il a répondu « Bien, les Watchmen ? » et il a fondu en larmes. Le genre de réaction qui vous fait reconsidérer vos pires a priori. Et là... La claque.

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Transparences, de Ayerdhal

Il est sans aucun doute hasardeux d'essayer d'imaginer la personnalité et le physique d'un écrivain à partir de ses livres. Mais le contraire ? En octobre dernier, à l'occasion de la 25ème heure du livre du Mans [1], j'ai eu l'honneur de passer, en tant que bénévole sur un stand, un après-midi en compagnie de quelques auteurs de S.F., dont Ayerdhal. C'est un petit homme, les cheveux longs noués en queue de cheval, sympathique, chalereux, un peu franchouillard, légèrement anarchiste, déconneur quand il raconte qu'il vaut mieux, dans les soirées mondaines, dire qu'on est plombier plutôt qu'auteur de S.F. Quel genre de livres pouvait écrire un type comme ça ? Et bien, pas du tout. Lorsqu'est paru en poche son petit dernier, une fois n'est pas coutume, un polar, je me suis jeté dessus. Son style est froid et précis comme le scalpel d'un chirurgien pour une opération à coeur ouvert. Mais ce n'est pas exactement dans un bloc opératoire que l'on tranche ici à tort et à travers à coup de sabre japonais. Un régal.

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Fiction, tome 1

livre électronique

Depuis 1953, la revue Fiction publiait régulièrement les meilleurs textes de la revue américaine Fantasy & Science-Fiction ainsi qu'une selection de textes français et étrangers. Pour diverses raisons, la revue avait fait naufrage après son numéro 412, dernier opus publié en 1990, laissant un grand vide dans le paysage éditorial de la SF française. Il aura fallu attendre l'année 2004 pour qu'une petite maison d'édition française, Les moutons électriques (1) tente à nouveau l'aventure. Comme dans tout assemblage hétéroclite de textes, il y a du bon et du mauvais... petite selection.

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Neuromancien, de William Gibson

Neuromancien

Il semble qu'il existe un paradoxe singulier et propre au monde de la SF qui veuille que les auteurs de cyberpunk soient les plus baba-cools et proches-de-la-nature qui soient. Il y a deux mois, pendant les Utopiales, j'entendais ainsi Neal Stephenson, l'auteur de Snowcrash déclarer qu'il n'utilisait pour écrire ses histoires qu'une feuille de papier et un crayon. Les ordinateurs, il les connaît bien : il sait qu'on ne peut pas s'y fier. Et j'apprenais pas plus tard qu'hier par le Cafard Cosmique que le secret de William Gibson pour écrire était de ne jamais regarder face à la télévision. Voilà que ceux qui sont les plus proches de la technologie en sont aussi les plus méfiants. Etonnant, non ?

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Signé Furax, de Pierre Dac et Francis Blanche

Aërwen Telrunya

Signé Furax, est une série radiophonique des années 50. Pourquoi alors, avoir écrit ce billet dans la rubrique Lectures ? Parce que Signé Furax s'écoute comme un roman, ou plutôt se dévore comme un cycle, puisque chacun de ses trois volumes remplit une quinzaine de CDs et autant d'heures d'écoute. Tout commence le 15 octobre 1951, lorsque Pierre Dac et Francis Blanche lance sur Radio Programme une série d'épisodes radiophoniques ayant pour titre Malheur aux barbus, opposant le bandit Edmond Furax aux deux detectives Black et White. Malgré le succès de la série, l'humour quelque peu irréverencieux de la série vaut à ses deux auteurs d'être ejectés de leur radio d'origine. Ce n'est que quelques années plus tard, sur la jeune station Europe 1, que naîtra « Signé Furax », une nouvelle série centrée sur le populaire personnage de Furax, réédité récemment sous la forme de trois volumes (équivalent à autant de "saisons" de la série) de quinze CDs chacun. Chef-d'oeuvre hétéroclite et absurde, la série connait à l'époque de sa diffusion un succès phénoménal. Signé Furax entrera même dans l'histoire le jour où, après avoir annoncé la démission de son gouvernement, Guy Mollet se retire sur cette dernière déclaration : « Veuillez maintenant me pardonner messieurs, mais ça va être l'heure de Signé Furax. » .

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Le syndrome du scaphandrier, de Serge Brussolo

Le syndrome du scaphandrier, couverture Folio SF

Dans un futur qui ne semble pas bien lointain, l'art ne se résume plus qu'à une unique forme qui a supplanté toutes les autres : le rêve. Oubliés les peintres, les compositeurs, les sculpteurs, les photographes ; les musées de demain seront plein de rêves, ou ectoplasmes oniriques, ces petits objets mystérieux et organiques, dont on ne sait même pas s'ils sont vivants ou conscients, mais qui apaisent tout ceux qui se trouvent aux alentours. Mais rares sont les scaphandriers qui, comme David Sarella, ont le Don de plonger dans leurs propres rêves et d'y rester plusieurs jours d'affilés, d'y retrouver leur intérieur perpétuel et lucide, leurs amis plus vrais que nature, et d'en ramener les fameux ectoplasmes. Mais chaque plongée est une expérience éprouvante qui tue à petit feu l'artiste. A moins que ce ne soit la remontée, le retour au monde réel. Et s'il était possible de rester à tout jamais en bas ?

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Kirinyaga, de Mike Resnick

Le mieux pour parler de cet étrange roman est encore de commencer par paraphraser la postface de l'auteur - qui aurait d'ailleurs beaucoup gagnée à être plutôt une préface. A l'origine, il y a une nouvelle, Kirinyaga, commandée par Orson Scott Card himself. Le papa d'Ender avait en effet dans l'idée de faire publier un recueil de nouvelles de différents auteurs baptisés Eutopia, dont le principe était très simple. Dans un futur proche, un certain nombre de planètes artificielles sont confiées par l'Administration à des communautés désireuses de bâtir leur utopies, à chaque auteur d'imaginer, de décrire, et de faire vivre son propre planetoïde utopique afin qu'il s'integre de manière harmonieuse au recueil.

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